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Le grand vide sur lequel Scajola mise

2 Mai
Cinq jours plus tard, et après l’invitation de Berlusconi à se défendre « le couteau entre les dents », l’autodéfense de Claudio Scajola est arrivée, par le biais de cette longue interview au quotidien Il Giornale.
Je l’ai lue deux fois, et ça en vaut la peine. Car la thèse du ministre est géniale. En gros, il dit ce qui suit : Moi, je croyais que la maison coûtait 610.000 euros. Je n’ai jamais su qu’elle coûtait plus que cela. Si quelqu’un a versé aux vendeuses 900.000 de plus, il ou elle l’a fait sans me le dire.

En d’autres mots, en 2004 il aurait acheté un appartement de presque 200 mètres carrés en face du Colisée en étant convaincu qu’il coûtait 610.000 euros : ni les propriétaires de ce bien immeuble, ni le notaire, ni les autres lui auraient dit le prix véritable de la maison, un million et demi d’euros.

Entendons-nous, cette thèse de défense était la seule possible, après ce qui a fait surface au cours des derniers jours, y compris les traces des chèques et les témoignages des deux vendeuses. En l’assumant, Scajola cherche à renverser la table : maintenant, quelqu’un doit démontrer que je savais, c’est votre parole contre la mienne. Lire la suite

Enquête du G8, Lunardi se justifie – « Je connais Balducci, il n’y a rien d’irrégulier »

1 Mai
ROME – « Maintenant on essaie d’impliquer des gens qui n’y sont pour rien. Ce sont des choses qui arrivent, en Italie ». Ainsi l’ex-ministre des infrastructures, Pietro Lunardi, se défend de l’accusation d’être impliqué, d’après un témoignage donné aux enquêteurs et rapporté par Repubblica, par l’ex-factotum de Balducci, dans l’enquête sur les adjudications de la Protection civile. Dans ses communications avec l’Ansa, Lunardi reconnaît ses contacts avec les hommes clé de l’enquête, Angelo Balducci – alors inspecteur des œuvres publiques de Rome, ensuite président du Conseil supérieur des travaux publics – et le constructeur immobilier Diego Anemone, mais l’ex-ministre repousse toute accusation d’abus. « Mes rapports ont tous été conformes aux règles – dit-il – je peux le démontrer à n’importe quel moment. Je suis prêt à être entendu par les magistrats ». Même à propos de certains travaux qu’Anemone fit dans une propriété apartenant à Lunardi à la campagne, à Parme, « tout est régulier – poursuit Lunardi – j’ai les pièces qui le démontrent ». Tout comme pour l’achat d’un immeuble appartenant à Propaganda Fide, à Rome. « J’ai toutes mes pièces en règle », confirme l’ex-ministre, qui nie connaître le citoyen tunisien, factotum de Balducci, Laid Ben Faith Hidri, et se dit prêt à porter plainte contre les journaux qui auraient fait des suppositions.

Repubblica, le 1er mai 2010. Traduit par Extraduzione.

Scajola, les papiers qui accusent – « Pour la maison, tout l’argent venait de lui »

30 Avr

Le mensonge de Claudio Scajola est en train de devenir grand et bien visible. Quatre témoignages, un acte du notaire et de nombreuses traces bancaires démontrent à présent que le ministre du développement économique était au courant de l’origine des 80 chèques au noir (pour une valeur de 900.000 euros) avec lesquels plus de la moitié de sa maison située 2 rue du Fagutale fut payée en juillet 2004. Les témoignages – classés aujourd’hui dans le cadre de l’enquête de Pérouse sur la ‘bande’ des Grandes adjudications – prouvent que le ministre était en possession matérielle de ces chèques, le jour de l’acte notarié. Même plus : ils démontrent que Scajola, bien qu’absolument conscient du prix réel de la vente – 1 million et 710.000 euros – de cet appartement magnifique donnant sur le Colisée, prit des dispositions afin que ce chiffre soit dissimilé, déclarant devant un notaire qu’il correspondait à 600.000 euros seulement. Et cela pour que le fisc n’en soit pas au courant, mais surtout pour que toute trace soit effacée pour au moins deux circonstances : d’une part les 200.000 euros en espèces qu’il avait donné aux vendeuses peu avant l’achat, de l’autre ses liens avec Angelo Zampolini, architecte, la ‘poche’ du constructeur Diego Anemone, c’est-à-dire le professionnel dont il avait reçu ces 80 chèques et faisant l’objet aujourd’hui d’un enquête pour blanchiment.

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